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novembre 2019

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Le syndrome de la page blanche, ça vous effraie ? Rassurez-vous, surmonter la page blanche, c’est possible. En effet, 90 % des auteurs vivent ce problème lié à l’écriture de leurs romans. Rester assis, des heures, devant un logiciel de traitement de textes, à attendre que les mots arrivent, que l’idée lumineuse surgisse, ça arrive à tous les écrivains, même les plus grands. Vous savez, ce moment où l’inspiration nous lâche fébrilement et qu’on ne sait plus avancer dans l’histoire.

Je vous rassure, vous ne manquez pas d’idées. En effet, avec le recul, je peux affirmer que l’idée n’est jamais le réel problème. Parce qu’en tant qu’auteurs, on est des créatifs et les idées sont toujours présentes dans notre esprit. On en a même parfois beaucoup trop. En fait, le problème est qu’on n’arrive pas à mettre une idée en forme. Alors, finalement, l’inspiration n’est pas vraiment la responsable de la page de page. Mais alors, qu’est-ce que ce syndrome et comment le contrer ? Je vous explique tout en détail :

Qu’est-ce qui provoque le syndrome de la page blanche ? 

Selon moi, il y a deux causes profondes à ce syndrome bloquant. Comme ce n’est pas, à mon sens, un problème d’inspiration, c’est soit : 

  1. Un problème technique : votre plan est bancal, votre fiche de personnage n’est pas bien construite, votre thématique n’est pas adaptée à la structure de texte… Dans ce cas-là, le problème est finalement facilement résolvable. En effet, on peut très aisément reprendre son plan pour le retravailler, écrire une nouvelle version de sa fiche de personnage, etc.
    Ce n’est qu’un problème de technicité !
  2. Un problème psychologique qui met en avant les doutes de l’auteur : vais-je y arriver ? suis-je à la hauteur ? mes lecteurs vont-ils apprécier mon histoire ? Dans cette phase difficile, on a peur de ne pas être à la hauteur et on manque de confiance en soi. Les croyances limitantes sont bien présentes lorsqu’on est dans ce monde littéraire et écrire un roman n’est pas une chose facile. Il est normal de se poser beaucoup de questions et de douter de soi.

Quelles sont les conséquences du blocage lié à la page blanche ?

Si on n’arrive plus à rédiger un seul mot, on se met en difficulté. En effet, on se stresse et on pense évidemment à la date à laquelle rendre son manuscrit. Pour certaines personnes, la deadline sera un moteur et une façon se remettre au boulot. Pour d’autres, cela impactera davantage et provoquera une pression supplémentaire. 

La procrastination est souvent la résultante de nos peurs et de nos blocages. Finalement, on va inconsciemment provoquer un système de distractions extérieures à notre mission première : écrire !

Dans les cas les plus graves, vous pourriez ne pas respecter la date limite de remise du manuscrit à votre éditeur. Et là, c’est vraiment dangereux pour votre collaboration.

Quelles sont les solutions pour surmonter le syndrome de la page blanche ?

Identifier le blocage lié à l’écriture

La priorité dans le cas d’une lacune littéraire est de se poser la question : pourquoi je bloque ? En effet, on ne peut pas sortir de la page blanche si on n’a pas identifié clairement l’origine. Est-ce une perte de mojo par une raison technique ou dois-je me concentrer sur mes émotions ? Identifier ses doutes, c’est agir pour résoudre une problématique bien profonde. 

Parler de sa perte de mojo

Être écrivain est un métier solitaire. Finalement, excepté son chat et son écran, l’auteur peut passer des journées entières à rédiger un roman sans voir âme qui vive. Lorsque la page blanche fait face à la conscience, le moral est bien souvent à plat. Vers qui se tourner ?

C’est le moment de sortir de sa tanière pour affronter le monde extérieur et révélez sa situation avec des personnes qui peuvent comprendre : un lecteur, un beta lecteur, un ami auteur, un parent. Les écrivains ne s’en sortent pas seuls généralement, alors parlez-en pour fuir la solitude l’espace d’un instant.

Travailler avec d’autres écrivains

Que vous soyez écrivains ou apprentis écrivains, rassemblez-vous. En travaillant en groupe, chacun le nez caché derrière son écran, cela aide à motiver l’énergie stagnante. En voyant les autres rédiger leurs œuvres, cela vous donnera la puissance nécessaire à vous remettre au travail. De plus, pendant les pauses, vous pourrez discuter tous ensemble de vos peurs, de vos doutes ou de vos problèmes techniques.

Ensemble, on va plus loin…

Reprendre l’écriture rapidement

Moins on écrit, moins on sait écrire.

En effet, c’est vraiment compliqué de s’y remettre. N’entrez pas dans la fuite où le mécanisme inconscient vous empêche d’écrire votre livre. Recommencer rapidement une routine d’écriture quotidienne (ou tous les deux jours dans un premier temps). Si votre roman vous bloque, rédigez autre chose, mais toujours en lien avec votre histoire : une nouvelle fiche personnage, une nouvelle scène, une nouvelle version du plan. Si cela bloque alors, relisez votre histoire.

Le plus important est de ne pas abandonner et de s’y adonner le plus souvent possible.

S’il vous arrive, malgré tout, que vous n’ayez plus envie d’écrire le livre en cours, soyez sûr qu’il ne s’agisse pas de vos doutes personnels, analysez bien vos émotions et acceptez tout simplement de passer à autre chose. Si vous n’êtes pas lié à une maison d’édition, le processus est relativement simple. Dans le cas contraire, vous devrez assurer l’écriture de votre roman quoi qu’il vous en coute. Mais soyez certains de vous faire accompagner par une équipe compétente. Chez Licares, on met tout en place pour aider les apprentis auteurs et les écrivains en herbe qui en ont besoin.

Pour écouter la version Podcast avec mes anecodtes personnelles.

Pour comprendre comment réussir le personnage d’un roman, attardons-nous d’abord sur les ingrédients d’un bon livre. Le succès d’un roman repose souvent sur le charisme d’un ou plusieurs personnages. En réalité, la réussite d’un ouvrage repose sur l’équilibre entre l’histoire et le personnage du roman. Parfois, l’histoire n’est pas intéressante, mais le personnage central est si passionnant et touchant qu’on le suivrait dans n’importe quelle histoire littéraire.

Le lecteur doit s’identifier au personnage. Si le personnage principal ne vous intéresse pas, l’histoire ne vous captivera pas. Pour écrire un roman qui cartonne, l’écrivain doit réussir à sculpter un héros.

Le personnage de roman doit-il être un héros ? 

Personnellement, je préfère le terme protagoniste plutôt que héros ou héroïne. Avec ce dernier, on évoque, dans l’inconscient collectif, des qualités intrinsèques fortes. Le héros est généralement fort, beau, droit, avec un sens du bien, etc. À son contraire, l’antihéros est un personnage aux anti-qualités très marquées, comme l’alcoolisme, la malhonnêteté, le côté roublard et coléreux, etc. Même s’il s’engage à faire le bien, l’antihéros est un personnage très cliché. Ces termes de héros ou antihéros sont très restrictifs, car il oblige l’auteur à enfermer son personnage dans une case.

Et c’est contre-productif…

Les personnages d’un récit doivent être mémorables, voici comment y arriver :

1. Comment réussir le personnage ? Créez une fiche de personnage !

Pour définir votre personnage, soyez dans le détail aussi bien que dans la nuance. Pour ce faire, créez une fiche de personnage complexe avec le plus de précision possible. De son parfum à l’intonation de sa voix, de sa qualité primaire à son défaut le plus choquant. Soyez réaliste, soyez vrai avec votre protagoniste. Le lecteur devra se le représenter facilement.

Allez au-delà de vos connaissances et faites un schéma global et complexe. Définissez sans équivoque sa mission de vie, son éthique, ses liens avec les autres personnages, son évolution dans le roman, etc. Ne laissez passer aucun détail. 

En rédigeant une fiche complexe, vous évitez de vous perdre dans votre propre récit. 

Sa carte d’identité : 

  • Son nom ;
  • Son prénom ;
  • Son âge ;
  • Sa date de naissance ;
  • Son sexe ;
  • Sa famille ;
  • Son orientation sexuelle ;
  • Sa scolarité ;
  • Son engagement social ;
  • Sa taille ;
  • Son poids ;
  • Sa couleur de cheveux ;
  • Son signe astrologique ;
  • Son état de santé ;
  • Son style vestimentaire ;
  • Sa langue maternelle ;
  • Ses sports pratiqués ;
  • Ses passions ;
  • Ses habitudes de langage ;
  • Ses tocs ;
  • Ses défauts ;
  • Ses qualités ;
  • Son plat préféré.

Pour vous aider, cherchez des visuels sur Pinterest. Imprimez-les.

2. Nuancez votre protagoniste

Avant d’entamer l’écriture de votre roman, pensez à identifier votre protagoniste principal. Pour cela, donnez-lui un nom, une fonction, un style vestimentaire. Rendez-le crédible et captivant. Évitez à tout prix la platitude et le manque de charisme.

Pour qu’un personnage soit vrai aux yeux des lecteurs, donnez-lui de la nuance. De ses traits de personnalités à ses traits physiques. Les protagonistes, soit on les aime, soit on les déteste. Pourquoi ? Car ils semblent réels, vrais et humains.

Rendez-les crédibles aux yeux du monde.

L’empathie et l’émotion naissent de la fêlure. Sans nuance, sans couleur dans la personnalité du personnage, le lecteur s’ennuiera. Il doit vivre les personnages.

3. Donnez-lui de la cohérence

Le personnage captive seulement si le lecteur parvient à le comprendre. Le lecteur doit trouver les actions de ses personnages cohérents. Même dans une histoire fantastique ou de science-fiction, le lecteur doit pouvoir se mettre à la place de son héros. Prenons l’exemple d’un protagoniste qui s’habille en costume et cravate au début d’une histoire et qui la termine, sans raison particulière, vêtu dans un style gothique. Si la narration ne l’explique pas, il y a une incohérence dans le genre du personnage. Cela peut se poser sur différents points : le langage, les actions, etc.

4. Offrez-lui un bagage 

Le protagoniste ne commence pas sa vie avec votre histoire. Avant d’intégrer les pages de votre roman, il aura déjà un vécu, un background. Son histoire crée sa valeur. Écrivez l’histoire de votre héros, pour vous. Uniquement pour vous. Depuis sa naissance, jusqu’à ce jour, connectez-vous à sa vie et mettez-vous dans une proximité.

Soyez son intimité et révélez sa vérité.

En tant qu’auteur, osez demander à votre personnage qu’il vous révèle ses secrets les plus intimes. N’ayez pas peur d’explorer la psychologie de votre protagoniste.

Vous avez encore du mal à vous aligner avec le protagoniste de votre roman ? Ayez recours à un tiers ! L’écrivain est souvent seul, derrière son écran, plongé dans son histoire. Dès lors, il a rarement l’occasion d’avoir une vision extérieure. Obligez-vous à raconter votre histoire et le développement de vos personnages à vos amis ou votre famille. Verbaliser son travail permet de mettre de l’ordre dans ses idées, mais aussi de sentir les incohérences. N’ayez pas peur de conforter vos idées au monde.

Lucie Castel

Pour écouter le podcast lié à cet article

Je vous ai parlé de mes lecteurs improbables la semaine dernière, abordons aujourd’hui les bourdes d’auteur. En fait, les erreurs, ce sont les miennes. Accordons-nous pour dire que, si vous m’avez déjà rencontrée, en salon, mes bourdes ne sont certainement pas passées inaperçues.
Si pas, je me confesse dans cet article.

La bêtise #1

Pour cette première anecdote, je participais à une interview au dernier Salon du livre à Paris. La journaliste voulait réaliser quelque chose de dynamique. Alors, elle me proposait deux choix de réponses pour chacune de ses questions.

À la question « Lisez-vous telle ou telle auteur de romance ? », je me suis déconfite.

Parce que pour tout vous dire, je ne lis absolument pas de romance ni de comédie romantique. En fait, je les écris. Mais, pour ne pas passer pour une ignorante, j’ai feint toutes mes réponses en choisissant telle ou telle réponse selon l’envie, et pas selon mes connaissances sur le sujet.

Mon amie autrice, Fleur Hana, suite à la publication de l’interview sur Facebook, m’a contactée avec humour en me disant

« Tu ne connaissais aucune des autrices qu’elle a citées ? » 

La bêtise #2

Lors d’une interview en tant qu’Oren Miller sur le dernier polar « Et Dieu se leva du pied gauche » , j’ai gaffé. Vous savez, ce roman est très sombre, car j’y aborde des thématiques compliquées, difficiles et en lien avec la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration

La journaliste m’interroge sur ce roman et donc, je pitche le thriller. Normalement, je cache les indices pour que le lecteur trouve la solution à la fin. C’est ainsi que je présente mon ouvrage habituellement. Sauf que là, je ne dis pas cela.

Je dis

« Et à la fin, on en arrive bien heureusement à la solution finale ».

Donc, figure-vous que je dis « bien heureusement » et « solution finale » dans la même phrase, en parlant d’un roman sur les camps de concentration.

Mon éditeur était blême et je voyais bien un certain malaise dans mon entourage. Évidemment, ce n’est qu’après coup, que j’ai pris conscience de ma bêtise.

Mais c’était trop tard.

La bêtise #3

Pour cette troisième anecdote, j’étais avec Sébastien Péguin, , auteur édité aux Éditions de L’homme Sans Nom, également connu sous le pseudonyme de Ethan Py.  Il est auteur de romans horrifiques, sombres et donc, nous avons une passion commune pour le cynisme et l’humour noir. Lorsqu’on dédicace ensemble, nous entrons facilement en résonnance.

Lors d’une petite pause pendant la séance de dédicace. Nous voyons passer une classe d’élèves et nous nous interrogions sur l’âge qu’ils pouvaient avoir. Sur ce questionnement sans réel intérêt, je dis spontanément :

« À partir du moment où ils n’entrent plus dans un congélateur, je ne sais plus dire quel âge ils ont. ».

Mais, je n’avais pas vu le caméraman de France télévision à moins de 10 centimètres de mon visage, ni la journaliste morte de rire. J’ai franchi le pas et j’ai demandé s’il y avait une chance qu’ils coupent cela au montage.

La réponse fut catégoriquement négative.

Bêtise #4

Cette dernière anecdote est assez incroyable. Je dédicaçais sur le stand de l’Homme sans Nom à Paris sous le pseudonyme d’Oren Miller. Après 3 heures de dédicaces sur mes thrillers, je passe en coup de vent sur le stand d’Harper Collins pour signer quelques romans sous le nom de Lucie Castel.

Arrive à moi une jeune fille, toute mignonne. Tel un ange, elle me raconte son amour pour mes romans feel good. Elle m’explique aussi son émotivité et sa fragilité sans nom. Très touchée par son histoire, je dédicace son livre machinalement.

Sauf que… je venais de signer Oren Miller pendant plusieurs heures, écrivant des mots personnalisés très sanglants et noirs. Je n’ai pas réfléchi et j’ai écrit à cette jeune fille une très longue dédicace mettant en avant le caractère sombre de mes romans, approuvant le cannibalisme et j’en passe.

Ce n’en signant Oren M… que je me suis rendue compte de ma bêtise. Je venais d’écrire la plus sombre dédicace à la plus angélique des lectrices.

Heureusement, j’ai remplacé son exemplaire et j’ai recommencé une dédicace avec une plume plus douce, adaptée à son personnage.

Chers lecteurs, nous sommes quittes. Vous comme moi sommes des êtres humains faillibles. Le plus important aujourd’hui est de rire de nos erreurs pour continuer à vivre sereinement cette aventure littéraire ensemble.

Pour retrouver cet article en podcast

Lucie Castel

Les anecdotes d’écrivain sont nombreuses. Les histoires du lecteur improbable sont, quant à elles, hilarantes. Je trouve qu’elles permettent de conserver de beaux souvenirs de salons tout en partageant, avec vous, ces moments indélébiles. Dans cet article, je vous partage quelques confessions de salon.

Lecteur improbable #1 : celui qui pensait qu’Oren Miller ne pouvait pas être une femme

C’était pendant un salon à Paris. 

Je dédicace parfois avec un illustrateur, celui qui réalisa les couvertures de mes premiers polars. Généralement, nous sommes ensemble pour ces évènements-là, car il ajoute une illustration à ma signature. À un moment, un peu fatiguée, je m’éloigne un peu de mon stand pour me dégourdir les jambes. 

De là où je me situe, je peux tout voir. J’aperçois alors un homme s’approcher de notre stand. D’un pas certain. La vingtaine, un style caïd, sûr de lui. Il interpelle l’illustrateur d’un « Vous êtes Oren Miller ? » Ce dernier lui répond par la négative, tout en me montrant du doigt pour me présenter. 

En quelques secondes, le jeune homme me scanna de haut en bas, une fois, deux fois — peut-être trois — tout en haussant les épaules. Son non verbal fut suivi d’un « N’importe quoi ». 

Sur ce fait, je confirme mon identité, mais il ne semble pas d’accord avec cette vérité. D’ailleurs, il est dans la désillusion la plus totale. Il m’affirme :

« Une fille n’écrit pas de science-fiction. »

Sans autre attente, il tourne les talons pour me laisser seule, sans un mot, la bouche bée, devant mon stand.

Lecteur improbable #2 : celui qui juge l’écrivain d’après son look

Lors de mon premier Salon du Livre à Paris, j’étais assez jeune et plutôt excitée. En effet, j’étais impressionnée à l’idée de participer à cet évènement. Quel lieu ! L’endroit est immense et fourmille de partout. Rapidement, J’y croise un monsieur d’une soixantaine d’années qui semble intéressé par mon stand. Je suis flattée. Lorsqu’ il me questionne sur mon ouvrage et sur mon identité, je me propose de lui parler plus amplement de mon livre. 

Outré par ma qualité d’écrivaine, il me dit :

« Avec votre physique, cela m’étonnerait que vous soyez en capacité d’écrire ». 

Croyez-le ou non, mes bras m’en sont tombés. Et c’est, sans répartie aucune, que j’ai laissé s’évaporer ce monsieur pourtant sympathique de prime abord.

Lecteur improbable #3 : celle qui me suit dans les toilettes

Les toilettes, dans ces grands salons, sont « the place to be ». On y croise des auteurs, des lecteurs, des chroniqueurs, bref, c’est l’espace de rendez-vous à ne pas manquer. 

Je fais la file patiemment pour aller aux toilettes. Mais avant d’entrer dans ma toilette, j’entends une jeune femme m’interpeller : « Mais, vous êtes Lucie Castell ? ».
Je réponds un bref oui, car mon envie pressante ne cesse de croître. Néanmoins, cela ne semble pas freiner la demoiselle qui m’explique son objectif : me rencontrer, faire une interview pour son blog, etc. 

L’urgence s’imposant, je rentre dans une toilette pour soulager ma vessie, alors que nous continuions notre discussion par de là la cloison. 

Ces moments improbables existent bel et bien…
Parce que, sincèrement, qui discute avec une inconnue, tout en faisant pipi ? 

Moi, oui !

Lecteur improbable #4 : celle qui met la pression en dédicace

Cette anecdote-là fait partie de mes grands moments de solitude. À la dédicace d’un de mes romans Feel Good — comédie romantique, je rencontre une dame qui souhaite un autographe. Elle m’explique avoir découvert mon ouvrage sur le net et lu des chroniques positives. En fait, elle souhaite offrir mon livre à une amie. Cela arrive souvent et j’en suis généralement flattée

« Soyez drôle », me dit-elle, lorsque j’attrape mon feutre pour le signer. Elle m’annonce d’emblée que ce cadeau a pour objectif de remontrer le moral, faire rire et apporter la joie à son amie. Dès lors, il faut absolument que ma dédicace aille en ce sens.
Je comprends très vite que le cadeau s’adresse à une dame très déprimée qui a déjà tenté de suicider.

Ouille ! Aie !

J’ai une pression de dingue ! Et si je me trompais ? Et si je ne n’utilisais pas les bons mots ? Faire rire, ce n’est pas mon truc. Je ne suis pas humoriste…

J’ai la pression, oui oui.

Pour cette dame, j’ai vraiment fait de mon mieux, mais assurez-vous que mon état de stress était à son comble.

Lecteur improbable #5 : celui qui découvre que Lucie Castel EST Oren Miller

Lors d’une signature d’un livre sous le nom d’Oren Miller, j’accueille un monsieur que je sens nerveux. Je ressens comme une contrariété en lui. Vous le sentez certainement, vous-aussi, quand quelqu’un se sent stressé. Bref, je sens qu’il veut me dire quelque chose et je l’invite à me parler. Il m’explique alors gentiment — mais assurément — qu’il a vu mes livres de romance.

Une déception s’est lue dans ses yeux. 

« Pourquoi vous fourvoyez-vous dans la romance ? » 

Prise au dépourvu, je ne sais que lui répondre. Je reste — comme souvent — bouche bée. Je lui explique que j’aime écrire dans différents styles et que cela m’amuse de me prêter à d’autres genres littéraires

D’un air consterné, son conseil abrupt fut celui-ci : « Il faut arrêter ça tout de suite ». 

Que dire ? Mais surtout, que pensez ?

Découvrez le podcast où je vous raconte mes anecdotes.

Cher lecteur, chère lectrice, cher lecteur improbable, j’apprécie nos échanges, nos divergences, nos moments de bonheur, continuez à apporter votre brin de folie sur les salons.