Les anecdotes d’écrivain sont nombreuses. Les histoires du lecteur improbable sont, quant à elles, hilarantes. Je trouve qu’elles permettent de conserver de beaux souvenirs de salons tout en partageant, avec vous, ces moments indélébiles. Dans cet article, je vous partage quelques confessions de salon.

Lecteur improbable #1 : celui qui pensait qu’Oren Miller ne pouvait pas être une femme

C’était pendant un salon à Paris. 

Je dédicace parfois avec un illustrateur, celui qui réalisa les couvertures de mes premiers polars. Généralement, nous sommes ensemble pour ces évènements-là, car il ajoute une illustration à ma signature. À un moment, un peu fatiguée, je m’éloigne un peu de mon stand pour me dégourdir les jambes. 

De là où je me situe, je peux tout voir. J’aperçois alors un homme s’approcher de notre stand. D’un pas certain. La vingtaine, un style caïd, sûr de lui. Il interpelle l’illustrateur d’un « Vous êtes Oren Miller ? » Ce dernier lui répond par la négative, tout en me montrant du doigt pour me présenter. 

En quelques secondes, le jeune homme me scanna de haut en bas, une fois, deux fois — peut-être trois — tout en haussant les épaules. Son non verbal fut suivi d’un « N’importe quoi ». 

Sur ce fait, je confirme mon identité, mais il ne semble pas d’accord avec cette vérité. D’ailleurs, il est dans la désillusion la plus totale. Il m’affirme :

« Une fille n’écrit pas de science-fiction. »

Sans autre attente, il tourne les talons pour me laisser seule, sans un mot, la bouche bée, devant mon stand.

Lecteur improbable #2 : celui qui juge l’écrivain d’après son look

Lors de mon premier Salon du Livre à Paris, j’étais assez jeune et plutôt excitée. En effet, j’étais impressionnée à l’idée de participer à cet évènement. Quel lieu ! L’endroit est immense et fourmille de partout. Rapidement, J’y croise un monsieur d’une soixantaine d’années qui semble intéressé par mon stand. Je suis flattée. Lorsqu’ il me questionne sur mon ouvrage et sur mon identité, je me propose de lui parler plus amplement de mon livre. 

Outré par ma qualité d’écrivaine, il me dit :

« Avec votre physique, cela m’étonnerait que vous soyez en capacité d’écrire ». 

Croyez-le ou non, mes bras m’en sont tombés. Et c’est, sans répartie aucune, que j’ai laissé s’évaporer ce monsieur pourtant sympathique de prime abord.

Lecteur improbable #3 : celle qui me suit dans les toilettes

Les toilettes, dans ces grands salons, sont « the place to be ». On y croise des auteurs, des lecteurs, des chroniqueurs, bref, c’est l’espace de rendez-vous à ne pas manquer. 

Je fais la file patiemment pour aller aux toilettes. Mais avant d’entrer dans ma toilette, j’entends une jeune femme m’interpeller : « Mais, vous êtes Lucie Castell ? ».
Je réponds un bref oui, car mon envie pressante ne cesse de croître. Néanmoins, cela ne semble pas freiner la demoiselle qui m’explique son objectif : me rencontrer, faire une interview pour son blog, etc. 

L’urgence s’imposant, je rentre dans une toilette pour soulager ma vessie, alors que nous continuions notre discussion par de là la cloison. 

Ces moments improbables existent bel et bien…
Parce que, sincèrement, qui discute avec une inconnue, tout en faisant pipi ? 

Moi, oui !

Lecteur improbable #4 : celle qui met la pression en dédicace

Cette anecdote-là fait partie de mes grands moments de solitude. À la dédicace d’un de mes romans Feel Good — comédie romantique, je rencontre une dame qui souhaite un autographe. Elle m’explique avoir découvert mon ouvrage sur le net et lu des chroniques positives. En fait, elle souhaite offrir mon livre à une amie. Cela arrive souvent et j’en suis généralement flattée

« Soyez drôle », me dit-elle, lorsque j’attrape mon feutre pour le signer. Elle m’annonce d’emblée que ce cadeau a pour objectif de remontrer le moral, faire rire et apporter la joie à son amie. Dès lors, il faut absolument que ma dédicace aille en ce sens.
Je comprends très vite que le cadeau s’adresse à une dame très déprimée qui a déjà tenté de suicider.

Ouille ! Aie !

J’ai une pression de dingue ! Et si je me trompais ? Et si je ne n’utilisais pas les bons mots ? Faire rire, ce n’est pas mon truc. Je ne suis pas humoriste…

J’ai la pression, oui oui.

Pour cette dame, j’ai vraiment fait de mon mieux, mais assurez-vous que mon état de stress était à son comble.

Lecteur improbable #5 : celui qui découvre que Lucie Castel EST Oren Miller

Lors d’une signature d’un livre sous le nom d’Oren Miller, j’accueille un monsieur que je sens nerveux. Je ressens comme une contrariété en lui. Vous le sentez certainement, vous-aussi, quand quelqu’un se sent stressé. Bref, je sens qu’il veut me dire quelque chose et je l’invite à me parler. Il m’explique alors gentiment — mais assurément — qu’il a vu mes livres de romance.

Une déception s’est lue dans ses yeux. 

« Pourquoi vous fourvoyez-vous dans la romance ? » 

Prise au dépourvu, je ne sais que lui répondre. Je reste — comme souvent — bouche bée. Je lui explique que j’aime écrire dans différents styles et que cela m’amuse de me prêter à d’autres genres littéraires

D’un air consterné, son conseil abrupt fut celui-ci : « Il faut arrêter ça tout de suite ». 

Que dire ? Mais surtout, que pensez ?

Découvrez le podcast où je vous raconte mes anecdotes.

Cher lecteur, chère lectrice, cher lecteur improbable, j’apprécie nos échanges, nos divergences, nos moments de bonheur, continuez à apporter votre brin de folie sur les salons.

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